Le train le plus célèbre du pays accumule les retards : les voyageurs explosent
Ponctualité en chute libre, réservations annulées, personnel à bout : l'enquête sur une ligne mythique qui déraille (au figuré).
Par Salomé Zurbriggen

Neuf pour cent. C'est la part de trains arrivés avec plus de quinze minutes de retard cet été sur la ligne panoramique la plus photographiée du pays. Un chiffre modeste ailleurs en Europe, un scandale ici.
Les groupes asiatiques, qui réservent parfois deux ans à l'avance, ont commencé à annuler. Un tour-opérateur parle d'une baisse de 14 % des réservations pour l'automne.
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Chantiers, chaleur et pénurie de personnel
Trois chantiers simultanés sur les tunnels, des rails dilatés par une canicule record et une trentaine de postes non pourvus : le cocktail était explosif. Les syndicats dénoncent un plan d'exploitation « calculé au millimètre, sans aucune marge ».
En interne, plusieurs conducteurs racontent des journées à rallonge et des pauses raccourcies. La direction dément toute mise en danger et parle de « situation exceptionnelle ».
Des compensations timides
Un bon de 20 francs par voyageur retardé, une hotline renforcée et la promesse d'un retour à la normale en novembre. Pour beaucoup de passagers, la pilule ne passe pas : « On paie le prix d'un billet de luxe pour attendre sur un quai », résume un touriste belge.



