Ce village alpin dit non à la télécabine : « On ne vend pas notre silence »
700 habitants, un projet à 40 millions et un vote qui a tourné à la révolte. Récit d'un bras de fer qui divise la vallée.
Par Noé Bregenzer

Sur le papier, tout était réglé : une télécabine flambant neuve, 40 millions de francs, 1 200 personnes à l'heure et la promesse d'un hiver sauvé. Dans les faits, l'assemblée communale s'est terminée à minuit passé, dans un silence glacial.
Le vote est tombé à 12 voix près. Non. Un non net, assumé, qui a stupéfait les investisseurs venus de Zurich avec leurs maquettes et leurs projections de rentabilité.
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Deux visions, un seul village
D'un côté, les hôteliers et les jeunes familles qui voient les remontées vieillissantes comme une condamnation à mort économique. De l'autre, les habitants historiques, convaincus qu'un afflux de visiteurs ferait exploser les loyers et détruirait ce qui reste d'authentique.
On ne vend pas notre silence pour un ticket de caisse.— Une habitante, 61 ans
Les partisans du projet, eux, parlent d'un « suicide collectif ». Trois commerces ont déjà fermé en deux ans et l'école primaire ne compte plus que 28 élèves.
Et maintenant ?
Le canton évoque une révision du dossier avec un tracé réduit. Les opposants promettent un référendum. Entre les deux, la vallée retient son souffle et compte les jours qui la séparent des premières neiges.



